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Analyses - 15 juin 2005

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juin 2005

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Magasiner, l’activité numéro 1 du touriste!

On se demande toujours ce que les gens aiment faire quand ils voyagent. La réponse: du shopping. Peu importe la nationalité, magasiner fait partie de l’expérience touristique et demeure l’activité favorite du voyageur. Ce phénomène, souvent ignoré ou sous-estimé, est associé généralement au milieu urbain. Une étude présente le potentiel du magasinage en tant que marché de niche dans les milieux ruraux au Canada.

Qui ne veut pas rapporter un souvenir, faire du shopping dans un souk, se laisser tenter par un accessoire à la toute dernière mode dans une grande ville branchée? Courir les magasins fait partie de l’expérience touristique, de la découverte culturelle d’une destination et du plaisir de voyager. Pour certains, cela devient même la raison du voyage.

On se paie une folie?

Au-delà du plaisir, plusieurs autres facteurs incitent les voyageurs à magasiner:

  • un taux de change favorable (euro vs dollar canadien);
  • de nouveaux produits;
  • des produits moins chers;
  • des structures commerciales différentes (mégacentre commercial, factory outlet, marché local, souk, etc.);
  • les boutiques hors taxes.

Le «magasineur» en nous

Des études de marché effectuées par le Département d’État américain démontrent que plusieurs nationalités sont friandes du magasinage et des données fournies par la Travel Industry Association of America (TIA) révèlent que:

  • le shopping est l’activité la plus populaire (30%), suivie de la visite de parents et d’amis (27%);
  • c’est aussi l’activité numéro un des groupes multiethniques, les Asiatiques-Américains ayant la plus forte propension, surpassant même les voyageurs américains en général (39% contre 34%);
  • lors d’un voyage avec des enfants, le shopping fait partie des activités les plus populaires (32%), suivi d’un événement familial ou social (31%);
  • il constitue souvent un complément à la visite de parcs thématiques (40%).

En 2003 au Canada, on dénombrait un peu plus de 60 millions de personnes (voyages-personnes) qui se sont adonnées à cette activité au cours d’un voyage.

À Montréal, c’était d’ailleurs l’activité la plus pratiquée par les touristes (52%) et les excursionnistes (27%) qui visitaient cette ville en 2003. Cette même année, l’Office du tourisme et des congrès de Québec y consacrait une enquête afin d’établir le profil-type des touristes s’y étant adonnés dans cette région.

Les Chinois adorent! Un sondage effectué par la compagnie ACNielsen et la Tax Free World Association (TFWA) révèle que les Chinois sont devenus les plus grands «voyageurs-magasineurs» de la planète avec des dépenses moyennes de 987 $US par voyage, surpassant ainsi les Japonais. Ces derniers restent toutefois premiers en ce qui a trait aux dépenses totales par voyage. Cette enquête indique aussi que près de 100% des Chinois magasineront lors de leurs déplacements. Vêtements à la mode, cosmétiques, confiseries, bijoux et montres ont principalement la faveur de cette clientèle. Fort de la croissance des voyageurs et de l’augmentation de leurs revenus qui se profilent, le potentiel de ce marché s’avère prometteur.

Quand le «magasinage» devient un marché de niche pour le milieu rural

Aucune étude n’a jusqu’à maintenant déterminé, selon les différents types de voyageurs, à quel stade du voyage et à quelle fréquence ceux-ci s’adonnent au shopping. On observe toutefois que le comportement d’achat du voyageur diffère de la rationalité qu’il exerce au quotidien.

Le phénomène du shopping est plus souvent lié au milieu urbain, où le comportement d’achat est associé à l’âge, au sexe et aux statuts familial et socioéconomique. Facteurs d’attraction par eux-mêmes, les mégacentres commerciaux (par exemple le West Edmonton Mall) et les factory outlets incitent les gens à traverser des frontières.

Une étude basée sur les données de l’Enquête sur les voyages des Canadiens (EVC) de 1998 à 2001 (333 428 dossiers) présente le potentiel du magasinage en tant que marché de niche dans les milieux ruraux au Canada. Les conclusions indiquent que ce segment de marché est significatif et viable.

Une des démarches des chercheurs a été de comparer les voyageurs canadiens qui magasinent dans les milieux ruraux (hors des grands centres urbains et des villes de taille moyenne) aux voyageurs canadiens en général. Voici les principales caractéristiques distinctives de cette clientèle:

  • Elle visite plus souvent les parents et les amis.
  • Bien que les deux groupes voyagent beaucoup en été, cette clientèle voyage plus que la moyenne des voyageurs canadiens en automne.
  • Elle voyage plus souvent en famille, avec des enfants.
  • Généralement, le shopping s’insère parmi de multiples autres activités. Entres autres, cette clientèle présente une plus forte propension à visiter les sites historiques, à faire des excursions et à fréquenter les bars et les clubs.
  • Elle part plus souvent pour une escapade d’une journée ou, à l’opposé, un séjour de plus de 7 jours.
  • La personne qui magasine est plus souvent mariée et de sexe féminin.
  • Les groupes d’âge de 18-24 et de 45-64 ans sont plus fortement représentés.
  • Ces personnes sont moins scolarisées que la moyenne des voyageurs et elles sont plus nombreuses à avoir un revenu se situant de 20 000 à 59 000$.

Clientèle non homogène, soulignons que cinq segments se dessinent à l’intérieur des magasineurs ruraux: escapade pour visiter un parent ou un ami (32%), excursion de shopping (28%), séjour de plein air et de sports (19%), court séjour (10%) et, finalement, long séjour (9%).

En général, le voyageur qui magasine stimule l’économie régionale. Les gens associent l’artisanat et les produits alimentaires aux régions rurales alors que ces dernières leur confèrent un caractère d’authenticité. Dans cette dynamique, le magasinage permet de générer des emplois et d’offrir une plate-forme aux artisans. En milieu urbain, cette activité ne revêt pas le même caractère et ses retombées sont donc plus difficilement identifiables.

Michael Nowlis, dans son texte «Les grandes tendances qui révolutionneront l’industrie touristique à l’aube du 3e millénaire», affirme que le magasinage, du mégacentre commercial à la petite boutique d’artisanat, deviendra une activité incontournable pour les destinations touristiques.

Sources:
– Carmichael, Barbara A. et Wayne W. Smith. «Canadian Domestic Travel Behaviour: A Market Segmentation Study of Rural Shoppers», Journal of Vacation Marketing, vol. 10, no 4, septembre 2004, p. 333-347.
– Office du tourisme et des congrès de Québec. «Profil de la clientèle touristique ayant fait du magasinage en 2003», novembre 2004.
– TFWA et ACNielsen. «Hey, Big Spenders!», Communiqué de presse, 19 mai 2005.
– Tourisme Montréal. «Le profil-type du visiteur à Montréal en 2003», [http://www.tourisme-montreal.org], décembre 2004.
– Travel Industry Association of America. «The Domestic Travel Market Report, 2004 Edition».
– Travel Industry Association of America. «Domestic Research: Travel Market Segments», [http://www.tia.org].
– US & Foreign Commercial Service and US Department of State. «US&FCS Market Research Reports», 2002-2005.

 

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