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Analyses - 6 juillet 2004

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juillet 2004

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Les compagnies aériennes ont recours aux nouvelles technologies pour réduire les coûts d’exploitation

Dans le but de simplifier les procédures d’embarquement et pour une question d’économie des dépenses d’exploitation, l’Association internationale du transport aérien (IATA), aussi malmenée par la hausse du prix du carburant, souhaite, d’ici 2007, supprimer le papier pour l’émission des billets d’avion.

Plus facile à utiliser pour l’émission des billets de dernière minute, le billet électronique apporte plus de flexibilité et de sécurité. Il est désormais possible d’acheter, de modifier et d’échanger un billet sans même se déplacer. Le client se présente directement au comptoir d’enregistrement avec, par exemple, une simple pièce d’identité. Plus de crainte d’oublier ou de perdre son billet!

Lancée en 1995 aux États-Unis, cette technologie connaît une forte croissance. En effet, depuis un an, la compagnie American Airlines n’émet plus systématiquement de billets papier pour les vols intérieurs. Chez Continental Airlines, on affirme que le taux d’adoption est de 95% pour le marché intérieur américain et de 88% pour l’ensemble des voyageurs. Les voyageurs «récalcitrants» qui souhaitent néanmoins continuer de fonctionner avec le billet papier doivent payer une surtaxe.

Chez Air Canada, la billetterie électronique est maintenant disponible pour tout le pays et pour la plupart des destinations transfrontalières et internationales. Lors de l’enregistrement, il suffit de se présenter à une borne à écran tactile Enregistrement Express, avec la carte de crédit qui a servi à acheter le billet, une pièce d’identité valide avec photo et tous les documents de voyage nécessaires. Il ne reste plus alors au voyageur qu’à enregistrer ses bagages au dépôt des bagages Express ou au comptoir d’enregistrement régulier.

Une économie de coûts notoire

Selon l’IATA, une telle modification permettrait au secteur d’économiser quelque 3 milliards $US de coûts directs. Un billet papier coûte 9 $US de plus qu’un billet électronique (e-ticket) et l’IATA distribue annuellement quelque 300 millions de billets papier.

D’autres évolutions sont à prévoir

Outre le billet électronique, les compagnies aériennes comptent bien introduire peu à peu de nouvelles technologies, comme:

– Des bornes interactives d’auto-enregistrement: aussi connue en anglais sous le terme de Common-Use Self-Service Check-in Kiosks (CUSS), cette technologie liée à la billetterie électronique vise à généraliser l’auto-enregistrement (auto check-in). Dans la pratique, au lieu de se présenter au comptoir d’enregistrement assigné, le passager dialogue avec une machine qui émet sa carte d’embarquement.

– Les codes-barres: visent le remplacement des pistes magnétiques des cartes d’embarquement. Le passager préimprime le code-barre directement à partir de son PC.

– Le Radio Frequency Baggage Tag Identification (RFID): vise à remplacer le code barre identifiant les bagages par une technologie radio. Ces nouvelles étiquettes RFID permettraient de réduire les taux d’erreur de 30 à 40%. Elles permettraient également d’améliorer les systèmes de réconciliation des bagages, qui vérifient que tous les bagages allant en soute correspondent à des voyageurs en cabine.

Benchmark des meilleures pratiques

En mai 2004, le Airports Council International (ACI) et la Société internationale des télécommunications aéronautiques (SITA), une corporation à but non lucratif qui fournit des solutions réseau et de communications pour l’industrie des transports aériens à l’échelle mondiale, ont publié une étude intitulée Airport IT Trends 2004.

Celle-ci reprend et compare les principales tendances à venir en matière de technologies appliquées aux aéroports, ainsi qu’en sécurité aérienne.

On y apprend, entre autres, que:

  • plus de 80% des aéroports ont déjà mis en application des systèmes IP (Internet Protocol) et on s’attend à ce que ce taux atteigne près de 93% d’ici 2006.
  • seulement 13% d’entre eux utilisent déjà les systèmes de communication sur protocole IP (VoIP ou Voice over IP) et que 60% pensent les utiliser d’ici les deux prochaines années (technologie permettant aux aéroports de faire des économies sur les communications, tout en augmentant la qualité du son).
  • quant aux bornes interactives, elles devraient également devenir de plus en plus nombreuses: plus de 50% des aéroports consultés dans l’étude prévoient offrir ce type de service d’ici deux ans.
  • 8% des répondants offrent actuellement l’identification par fréquence radio (RFID) (contre 25% d’ici 2006). Il existe des volontés très nettes d’augmenter l’utilisation de tels systèmes pour les services de cargaison, dans les quatre années à venir.

En matière de sécurité, environ 25% des aéroports consultés ont examiné l’utilisation de l’identification biométrique pour leurs employés (contre 50% d’ici 2006). Seulement 4% ont projeté de l’utiliser pour les passagers, dans l’année à venir (contre 20% d’ici 2006).

Les principaux freins au développement de ces nouvelles technologies sont principalement, selon les personnes interrogées, un manque:

  • de budget (42%);
  • de stratégie IT au sens large (21%);
  • d’appui des instances supérieures (15%);
  • de normes industrielles (8%);
  • de personnel compétent (2%).

Sources:
– Slits, Vincent. «Billet d’avion papier en sursis», La libre Belgique, 7 juin 2004.
– Wery, Etienne. «Les compagnies aériennes appellent les nouvelles technologies à leur secours et généralisent le billet électronique», Droit et nouvelles technologies [www.droit-technologie.org], 15 juin 2004.
– Pilling, Mark. «Airport IT trends 2004», Airline Business, juin 2004.

 

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